La stévia va sucrer boissons et desserts
Très sucrant et 100% naturel, un nouvel édulcorant, extrait de la stévia, arrive en France.
Il va concurrencer son équivalent chimique, l'aspartame et aussi le sucre.
Mais ses débuts sont timides.
La boisson Fanta, du groupe américain Coca-Cola, sera la
première en France à adopter la stévia.
Coca-Cola est le premier géant de l'agroalimentaire à se lancer.
Il a annoncé le jeudi 10 décembre 2009 qu'il allait commercialiser une
nouvelle version du Fanta Still, fabriqué avec de la stévia.
Une partie du sucre de ce soda sera remplacée par ce nouvel édulcorant
autorisé en France depuis septembre.
La nouvelle recette sera disponible début 2010.
100 % naturel, sans calorie et 300 fois plus sucrant que le saccharose, cet
édulcorant estextrait de la stévia, une plante sud-américaine.
Parmi les autres produits déjà arrivés dans les rayons, une tablette de
chocolat noir du Suisse Villars.
"Le consommateur devrait accueillir très favorablement ce produit"
,
pronostique Xavier Terlet, spécialiste de l'innovation alimentaire.
"Il
répond parfaitement à deux tendances lourdes du marché: les produits
naturels et les produits minceur."
Mais, selon lui, il restera marginal aux
côtés des édulcorants classiques et loin derrière le sucre.
Depuis les années 70
Consommée depuis des siècles en Amérique du Sud, la stévia a remplacé
l'aspartame, interdit au Japon depuis les années 70.
Elle a été récemment autorisée dans les pays développés, notamment aux Etats-Unis, en Suisse.
Prompts à réagir suite à l'autorisation de commercialisation en France de l'édulcorant dans
sa version industrielle, les industries agroalimentaires semblent moins
rapides à mettre leurs produits sur le marché.
D'abord, parce que la version
édulcorant de table n'est pas encore autorisée.
Ce qui veut dire ni poudre
ni sucrettes dans le commerce.
Les premiers produits de ce type pourraient
apparaître dans les prochaines semaines, après publication du décret
d'autorisation.
Ensuite, ne sont concernées que des boissons, quelques
desserts,
des confiseries et des compléments alimentaires, mais pas encore les
biscuits et pâtisseries.
Enfin, les capacités de production de stévia sont
encore limitées.
"Revoir les recettes"
Les industries sucrières n'apparaissent pas très inquiètes face à cette
nouveauté, selon Philippe Reiser, directeur scientifique du Cedus, le centre
d'études sur le sucre.
"On ne remplace pas simplement le sucre par de la stévia, c'est toute la recette qu'il faut revoir.
La stévia ne donne pas la même texture aux aliments, elle a aussi un arrière-goût de réglisse qu'il faut masquer".
Paru dans le "Télégramme" du 12/12/2009
Les Indiens Guarani d’Amérique du Sud ajoutaient à leurs infusions de
plantes des feuilles de stévia pour les adoucir. En 2006, des chercheurs brésiliens ont réalisé un essai clinique avec
placebo auprès de 14 sujets souffrant d’hypertension artérielle légère et
non traitée. Précautions
Nom commun : stévia.
Nom botanique : Stevia rebaudiana, famille des astéracées ou
composées.
Historique du stévia
Au Brésil et au Paraguay, on les utilise depuis des siècles en cuisine.
En Amérique latine, la phytothérapie traditionnelle considère le stévia comme hypoglycémiant,
hypotenseur, diurétique et cardiotonique.
Il a quand même fallu attendre le début du XXéme siècle pour
qu’on commence réellement à s’intéresser aux stéviosides de la
plante, qui possèdent un pouvoir sucrant de 100 à 300 fois supérieur à celui
du sucre sans aucune calorie.
Les stéviosides font partie de la famille des
glucosides, des substances végétales cristallines qui produisent du sucre
après avoir été absorbées par l'organisme.
Au début des années 1970, le Japon a interdit l’usage des édulcorants
artificiels (aspartame, saccharine) parce que les autorités craignaient
leurs effets négatifs sur la santé humaine.
Au même moment, un consortium
japonais mettait au point une méthode d’extraction des glucosides du
stévia.
L’État japonais a alors autorisé l’extrait de stévia comme
édulcorant alimentaire.
Son usage s'est rapidement répandu en Asie et en
Amérique du Sud.
Il est désormais présent dans quantité de produits
agroalimentaires sur ces continents : de la sauce soya aux boissons gazeuses
en passant par la gomme à mâcher, les tortillas et les gâteaux de riz.
En 1991, la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis a statué
que le stévia était inacceptable comme additif alimentaire et en a
interdit l’importation.
Sous la pression des consommateurs et des
distributeurs, la FDA a autorisé, en 1995, la vente du stévia (plante brute
et extraits), mais seulement à titre de supplément alimentaire et non pas
d’additifs ajouté aux produits transformés.
La situation réglementaire était
la même au Canada et aux États-Unis, du moins jusqu’en 2008.
En Europe, le stévia, sous toutes ses formes, est considéré comme
un nouvel aliment et doit donc faire l’objet d’une autorisation de mise en
marché.
Il se pourrait cependant que la situation change, dans la mouvance des
autorisations accordées en 2008 aux États-Unis et ailleurs dans le monde.
Hypertension artérielle.
En Chine, deux essais cliniques de très bonne
qualité ont donné des résultats concluants. Une première étude à double insu
a été effectuée en 2000 auprès de 106 personnes souffrant d’hypertension.
Les sujets ont reçu, pendant un an, soit un placebo, soit 250 mg de
stéviosides, trois fois par jour.
Après trois mois, la tension
artérielle des membres du groupe traité était inférieure de 12 mmHg à 15 mmHg
à celle des sujets du groupe placebo.
Cet effet a persisté jusqu'à la fin de
la recherche.
Un deuxième essai, publié en 2003, a porté sur
174 personnes atteintes d’hypertension légère.
Elles ont été traitées
pendant deux ans soit avec un placebo ou avec 500 mg de stéviosides, trois
par jour.
Résultat : leur pression sanguine a diminué (effets notés dès la
première semaine de consommation) et leur qualité de vie s’est améliorée.
Les stéviosides ont aussi réduit les risques d’hypertrophie du ventricule,
une complication de l’hypertension non traitée.
Malgré l’excellente qualité des études, certains analystes soulèvent le fait surprenant qu’aucun effet
placebo n’ait été observé lors de ces deux études.
Ils mettent en garde contre la tentation de vouloir généraliser les effets obtenus auprès de
participants chinois à l’ensemble des populations non-asiatiques.
On leur a administré des doses de stévia
sur une période de 24 semaines.
Mais, la plante n’a pas été plus efficace
que le placebo pour réduire la pression artérielle des sujets.
Cependant,
ces résultats non concluants pourraient être attribuables au nombre très
restreint de sujets et au dosage nettement moins élevé que celui des essais
menés en Chine.
Les doses étaient environ de 250 mg par jour durant
7 semaines, puis de 500 mg durant 11 semaines et de 750 mg durant 6 semaines
(pour une personne de 70 kg).
Ces trois études ont clairement établi l’innocuité de la prise régulière
de stéviosides sur de longues périodes.
Diabète de type 2, intolérance au glucose.
Le stévia augmenterait la tolérance
au glucose et abaisserait le taux de glucose sanguin, selon un essai
de faible envergure portant sur 16 volontaires en santé, publié en 1986.
Les données animales et in vitro indiquent que les composants du stévia
pourraient agir directement sur le pancréas pour stimuler la production
d’insuline, mais aussi diminuer l’absorption intestinale des sucres ou
encore augmenter la sensibilité à l’insuline et les fonctions métaboliques
du foie et des muscles squelettiques.
En 2004, des chercheurs danois ont mené une étude croisée (stévia ou
placebo successivement chez les mêmes individus) chez 12 patients atteints
de diabète de type 2.
Ils ont observé que 1 g d’extrait de
feuilles de stévia - contenant 91 % de stéviosides - avait amélioré la
glycémie après un repas-type, comparativement à un placebo fait de fécule de
maïs.
Ces résultats sont encourageants.
Ils corroborent l’usage traditionnel
du stévia qui est utilisé en Amérique du Sud pour traiter le diabète.
Cependant, des études de meilleure qualité et de plus grande envergure sont
nécessaires avant que l’on puisse trancher sur l’emploi clinique de
l’extrait ou déterminer un dosage optimal.
Attention
On recommande aux personnes souffrant d'un diabète de type 2,
d’hypertension ou d’hypotension qui désirent prendre du stévia de vérifier
régulièrement leur taux de glucose sanguin ou leur tension artérielle, afin
de faire ajuster leur médication si nécessaire.
Contre-indications
Par prudence, certaines sources recommandent aux femmes enceintes et à
celles qui allaitent d’éviter de consommer de grandes quantités de stévia.
Effets indésirables
Le stévia pourrait provoquer des allergies chez les personnes allergiques
aux plantes de la famille des astéracées (marguerite, pissenlit,
chrysanthème, etc.), bien qu’aucun cas n’ait été signalé à ce jour.
Selon un essai conduit sur des animaux, le stévia ne provoque pas de carie.
Interactions
haut
Avec des plantes ou des suppléments : les effets du stévia pourraient s’ajouter à ceux des plantes ou des
suppléments qui ont une action hypotensive ou hypoglycémiante.
Avec des médicaments : Les effets du stévia pourraient s’ajouter à ceux des médicaments
hypotenseurs ou hypoglycémiants.