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Cancer du pancréas : les boissons gazeuses montrées du doigt

Après avoir été associées à l’augmentation des cas d’obésité, du syndrome métabolique et du diabète de type 2, voilà que les boissons gazeuses pourraient aussi faire augmenter le risque de souffrir du cancer du pancréas.
C’est ce que révèle une étude américaine.

Rappelons que le cancer du pancréas est une maladie rare, mais mortelle : seulement 5 % des personnes qui en sont atteintes y survivent.

Des chercheurs américains ont évalué le mode de vie et les habitudes alimentaires d’une cohorte de 60 524 personnes de la région de Singapour (Chine), durant 14 ans.
A la fin de l’étude, 140 sujets avaient reçu un diagnostic de cancer du pancréas.

Ce qui caractérisait le mieux les sujets atteints, c’était leur consommation de boissons gazeuses sucrées.
Les auteurs de l’étude ont calculé que ceux qui buvaient 2 consommations ou plus par semaine voyaient augmenter de 87 % leur risque de contracter un cancer pancréatique.

"La consommation de ces boissons sucrées a presque doublé les risques dans notre cohorte. Ça représente un effet très important", souligne le chercheur principal de l’étude, Mark Pereira.
Les fortes quantités de sucre que renferment les boissons gazeuses pourraient épuiser le pancréas en exigeant qu’il produise davantage d’insuline ce qui, pense-t-il, prédisposerait au cancer pancréatique.

Le chercheur fait remarquer que les résultats seraient sans doute similaires si l’on menait une étude semblable en Occident. "Singapour est une société moderne qui ressemble beaucoup au contexte socioculturel que nous connaissons en Amérique du Nord ou en Europe de l’Ouest, dit-il, et l’incidence de ce type de cancer y est comparable."

Les résultats de la présente étude épidémiologique ne permettent pas de conclure hors de tout doute que les boissons gazeuses sucrées sont une cause spécifique de cancer pancréatique, affirme le chercheur.
Il souligne toutefois que l’ampleur de l’effet observé et la gravité de la maladie devraient inciter les gens à délaisser ce type de boisson.
D’autant plus, rappelle-t-il qu’elles sont également associées à 3 autres problèmes de santé publique, soit l’obésité, le syndrome métabolique et le diabète de type 2.

Source : Pierre Lefrançois, d’après Reuters et Science Daily

Syndrome métabolique : qu’est-ce que c’est?


Le syndrome métabolique n’est pas une maladie spécifique, mais désigne la présence, chez un individu, d’un ensemble de signes physiologiques qui accroissent le risque de diabète de type 2, de maladies cardiaques et d’accident vasculaire cérébral.

Ces signes avant-coureurs de problèmes de santé graves ou chroniques ne sont pas toujours visibles ou ressentis par la personne atteinte. Des tests prescrits par le médecin lors d’un examen médical de routine permettent de les révéler. Par exemple, une personne dont les taux de glucose et de lipides sanguins sont anormaux et dont la pression sanguine est élevée recevra un diagnostic de syndrome métabolique. Cela constitue un sérieux signal d’alarme, et il vaut mieux traiter ces anomalies avant que la situation dégénère.

Définir le syndrome métabolique


La définition du syndrome métabolique varie quelque peu selon les pays ou les organismes de santé, mais celle qui a été formulée par le groupe de travail américain National Cholesterol Education Program est largement acceptée.
Selon ce groupe d’experts, il y a syndrome métabolique lorsque trois ou plus des facteurs de risque suivants sont présents :

Note. Les mesures en mmol/l sont utilisées à peu près partout dans le monde, sauf aux États-Unis, où l’on se sert plutôt de la mesure en milligrammes par décilitres (mg/dl).

La liste de ces facteurs de risque pourrait s’allonger au fur et à mesure que se poursuivent les recherches.
Cela pourrait modifier la définition même du syndrome métabolique.
Par exemple, l’inflammation, telle que mesurée par la présence de la protéine C-réactive, pourrait un jour en faire partie.

Causes

Bien que l’hérédité soit une des causes de ce syndrome, la grande majorité des cas sont plutôt liés à un style de vie sédentaire et à une alimentation riche en calories et pauvre en nutriments (repas-minute, excès de sucre et de gras, portions généreuses, etc.).

Prévalence

Le syndrome métabolique est maintenant tellement répandu, qu’on estime que de 20 % à 25 % de la population adulte en est atteinte, aux États-Unis. Chez les plus de 60 ans, 40 % en seraient atteints.
La plupart de ces personnes ignorent leur état.

Si le syndrome est plus fréquent chez les hommes de plus de 50 ans et les femmes de plus de 60 ans, la tendance occidentale à la sédentarité et à l’embonpoint fait en sorte qu’il atteint des personnes de plus en plus jeunes.
En effet, une enquête menée en 1999 au Québec auprès de 2 244 écoliers de 9 ans, 13 ans et 16 ans révèle que, déjà à cet âge, 11,5 % d’entre eux souffrent du syndrome métabolique.

Évolution et interrelation des facteurs de risque

Le syndrome métabolique est fortement associé à la résistance à l’insuline ou insulino-résistance.
L’insuline, une hormone produite par le pancréas, est un peu comme une clé qui permet aux cellules "d’ouvrir" une porte qui permet d’absorber le glucose (sucre), contribuant ainsi à la régulation du taux de sucre dans le sang (glycémie).
Si les cellules deviennent insulino-résistantes (la clé ne fonctionne plus), elles absorbent mal le glucose, malgré la présence de l’insuline.
Le glucose se retrouve alors en trop grande concentration dans le sang, et en manque dans les cellules.

Pour remédier à la situation et maintenir un taux de sucre adéquat, le pancréas doit produire toujours plus d’insuline.
Avec le temps, le pancréas "s’épuise" et n’arrive plus à fournir ce surplus d’insuline.
Le taux de sucre dans le sang reste alors élevé.
A la longue, cette situation entraîne le diabète de type 2.

La résistance à l’insuline est aussi associée à un risque plus élevé d’hypertension et de maladies cardiovasculaires, car elle peut faire augmenter les taux de cholestérol et de triglycérides (lipides sanguins), et ainsi endommager les parois artérielles.

La résistance à l’insuline est liée de près à l’excès de poids et à l’obésité, surtout lorsque le gras se concentre dans l’abdomen.
Les chercheurs ont découvert que les cellules qui emmagasinent le gras (les cellules adipeuses) sont capables de libérer des hormones impliquées dans la résistance à l’insuline et le syndrome métabolique.
Les rôles et les interactions de ses substances ont fait l’objet d’intenses recherches au cours des dernières années.

Conséquences possibles

Les chercheurs soupçonnent également un lien entre le syndrome métabolique et d’autres maladies graves comme le cancer du sein, de l’utérus, de la prostate et du côlon, ou la maladie d’Alzheimer, mais ce point est encore à l’étude.

Symptômes du syndrome métabolique

Le syndrome métabolique ne provoque pas de symptômes particuliers.
Le diagnostic est établi par un médecin de famille selon les facteurs de risque énumérés ci-dessus.
Lorsqu’il y a manifestation de symptômes, cela indique que le syndrome métabolique s’est transformé en un problème plus grave comme un diabète de type 2 ou un trouble vasculaire.

Personnes à risque

Facteurs de risque

Selon le National Cholesterol Education Program, un diagnostic de syndrome métabolique est posé lorsque trois ou plus des cinq facteurs de risque suivants apparaissent :

Prévention du syndrome métabolique


Pourquoi prévenir ?


Des changements aux habitudes de vie suffisent pour agir de façon appréciable sur les facteurs biologiques du syndrome métabolique et ainsi réduire les risques de maladies cardiovasculaires et de diabète.

Mesures de dépistage

Un suivi médical régulier permet de déceler un syndrome métabolique.
Lorsqu’un facteur de risque est détecté (par exemple, l’obésité abdominale), il est important d’entreprendre d’autres tests médicaux (mesure de la glycémie, de la tension artérielle, etc.) afin d’évaluer si d’autres facteurs sont présents.

Ce suivi est essentiel pour éviter l’évolution du syndrome vers des maladies comme le diabète de type 2 ou des troubles cardiovasculaires.

Mesures préventives du syndrome métabolique et de ses conséquences possibles

Faire de l’activité physique.
L’activité physique aérobic est l’un des meilleurs moyens de prévenir la résistance à l’insuline.
On recommande généralement un minimum de 30 à 60 minutes d’activité, idéalement tous les jours, sinon au moins cinq jours par semaine (marche rapide, nage, jogging, cyclisme, etc.).
Il est important d’y aller de façon graduelle.
Plusieurs périodes courtes peuvent être aussi bénéfiques que des périodes continues.

L’activité physique permet une meilleure utilisation du glucose par les muscles.
De plus, sa pratique régulière aide à perdre du poids et surtout à maintenir un poids stable par la suite.

Adopter une alimentation saine, riche en fibres et faible en gras.
L’alimentation saine réduit tous les facteurs de risque du syndrome métabolique.
On recommande à tous les patients, peu importe leurs troubles spécifiques, un régime riche en fruits et légumes, en grains entiers, en gras mono-insaturés et en produits laitiers faibles en gras.

On recommande généralement de :

Perdre du poids.

Le surplus de poids est, avec la sédentarité, la première cause du syndrome métabolique.
L’obésité abdominale est particulièrement en cause dans la résistance à l’insuline et ferait augmenter le risque d’athérosclérose.

Traitements médicaux du syndrome métabolique

Puisque le syndrome métabolique n’a été bien défini que récemment, son traitement spécifique est encore à l’étude.
Les chercheurs se questionnent sur la pertinence de traiter le syndrome métabolique comme un tout, plutôt que de réduire les facteurs individuels un à un grâce à des traitements classiques (pour l’hypertension, l’hypercholestérolémie, etc.).
Pour l’instant, l’objectif principal du traitement est d’ordre préventif : il consiste à réduire les risques de souffrir d’un trouble plus grave.

Habitudes de vie


Lorsque le diagnostic de syndrome métabolique est posé, le médecin traitant propose d’abord une modification importante des habitudes de vie pour tenter de freiner la progression du syndrome et en éviter les conséquences possibles, ce qui rejoint plusieurs des stratégies de prévention mentionnées plus haut :


Médicaments

L’usage de médicaments pour traiter le syndrome métabolique est encore à l’étude.
Certains se sont cependant révélés efficaces pour prévenir les complications liées au syndrome métabolique au cours d’études de grande envergure.
Par exemple, les hypoglycémiants utilisés pour traiter le diabète de type 2, comme le metformin (Glucophage®), peuvent aider à contrer l’insulino-résistance chez les personnes atteintes de syndrome métabolique.

On traite parfois l’obésité liée au syndrome avec des médicaments pour couper l’appétit (sibutramine) ou pour inhiber l’absorption de gras (orlistat).
Le traitement de l’hypertension ou de l’hypercholestérolémie, ainsi que l’utilisation de l’aspirine, font partie des stratégies pour prévenir les maladies cardiovasculaires.
Pour le moment, cependant, il n’existe pas de médicament ciblant exclusivement le syndrome métabolique.

L’opinion du médecin


Le syndrome métabolique est un ensemble de facteurs qui permettent de cibler les gens à haut risque de développer le diabète et des maladies cardiovasculaires.
Il est important d’identifier ces personnes à risque, car on sait que les interventions qui visent des changements d'habitudes de vie sont très bénéfiques.

En effet, adopter une saine alimentation et faire un peu plus d’exercice pour perdre quelques livres est extrêmement efficace pour prévenir le diabète chez les personnes à haut risque.
En fait, encore plus efficace que les pilules!

Dr Marie-France Hivert, endocrinologue, formation post-résidence en recherche (Research Fellow) au Harvard Medical School, Chaire Lucie et André Chagnon pour l'enseignement d'une approche intégrée en prévention, Université de Sherbrooke.