Règles d'or pour trouver "LA" bonne chaussure
Comment vous y prenez-vous au moment de choisir une paire de chaussures pour l'hiver.
Allez, avouez-le, c'est tout de même le côté esthétique qui prime non ? La couleur va-t-elle s'accorder avec votre garde-robe ?
Cette botte à mi-mollet convient-elle à votre silhouette ? Ces talons ne sont-ils pas trop hauts pour que vous puissiez marcher avec classe,
sans que votre pantalon ait l'air d'avoir été lavé à 90° ?
Essayez de choisir vos chaussures plutôt le soir, car les pieds sont souvent plus gonflés en fin de journée.
Certes, ces considérations ne sont pas négligeables. Mais si vous voulez être à l'aise dans vos baskets (escarpins, bottes, chaussures de ville...), il va d'abord vous falloir respecter les règles d'or du chaussage.
Il ne faut pas se fier à la pointure indiquée sur la chaussure, confie Djamel Bouhabib, président de l'Union française pour la santé du pied. Pour être sûr que la chaussure est la bonne taille, elle doit être, en premier lieu, facile à enfiler. Ensuite, lorsque le pied est à l'intérieur, poussez-le vers l'avant : vous devez avoir la place de passer le diamètre d'un doigt entre le talon et la chaussure."
C'est bien la chaussure qui doit se faire au pied et non l'inverse contrairement à ce qu'on entend parfois", souligne Djamel Bouhabib.
"L'idéal, c'est un cuir bien tassé de quelques millimètres d'épaisseur, explique Djamel Bouhabib.
Il ne doit pas être trop épais non plus sinon la chaussure risque d'être trop rigide.
Plastique et caoutchouc sont rarement une bonne idée, ils sont trop souples."
Ce que vous risquez si vous ne suivez pas ces règles d'or...
Vous avez tout de même fini par craquer pour cette paire d'escarpins avec
talons aiguille de 12 cm de haut, bien qu'elle n'ait été disponible qu'en 39
(alors que vous chaussez du 37 et demi...) ?
Jetez tout de même un œil à ce
qui vous attend si vous les portez trop souvent....
Si vous choisissez mal vos chaussures, gare aux ampoules et autres ongles en
griffe !
Trop grandes ou trop petites ? C'est du pareil au même : vos pieds ne vont
pas aimer.
Des frottements vont se créer, dans le premier cas parce que
votre pied flotte dans la chaussure, dans le second cas parce qu'il y est
trop à l'étroit.
Ces frottements vont créer ampoules et durillons, forts
désagréables.
D'autant qu'ils risquent de réapparaître régulièrement si vous
persistez à porter ces chaussures.
Si elles sont trop grandes, vous pouvez, en prime, développer des
micro-tendinites : "Le pied, qui flotte, essaie de s'agripper à la
chaussure, c'est ce mouvement de crispation qui va provoquer la tendinite"
,
précise Djamel Bouhabib.
Un talon un peu trop haut perché ? Oui c'est vrai, cela fait de jolies
jambes galbées.
Oui, mais vous risquez de vous retrouver rapidement avec des
ongles en griffes, ce qui est déjà moins charmant !
En créant une pression
supplémentaire sur l'avant-pied, la chaussure va inciter les orteils à se
recroqueviller.
Des durillons et des cors vont également se former.
Les talons hauts sont très mauvais si on a déjà mal au dos de temps en
temps.
Ils font également souffrir les articulations des genoux.
Portés trop
régulièrement, ils peuvent même raccourcir les muscles et les tendons du
mollet, ce qui provoquera pas la suite des douleurs quand vous voudrez
repasser aux souliers plats.
Sans oublier qu'il faut mieux avoir le sens de
l'équilibre si l'on ne veut pas se fouler la cheville à la première sortie
de métro.
Si vous souhaitez tout de même porter des talons hauts, l'idéal est
d'alterner avec une autre paire de chaussures, plus basses, pour laisser à
vos pieds et à vos gambettes l'occasion de se reposer.
Des chaussures trop rigides risquent de blesser le pied et de vous empêcher
de marcher correctement : le pied ne pourra pas se dérouler comme il faut.
Trop souples et vous risquez de vous tordre la cheville au détour d'une rue.
Aïe.
A chaque sport sa chaussure adaptée
En voilà qui vont être mises à rude épreuve.
Les chaussures de sport sont,
par définition, particulièrement sollicitées.
De même que vos pieds, quand
vous pratiquez une activité sportive (autre que la natation...).
Il faut
donc redoubler de vigilance en les choisissant.
Choisir la chaussure adaptée est déjà un sport en soi.
Ca tombe peut-être sous le sens, mais précisons-le tout de même.
Choisissez
les chaussures adaptées au sport que vous pratiquez : les chaussures de foot
ne sont pas du tout les mêmes que les running shoes de votre jogging, qui
sont elles aussi différentes de vos chaussures de tennis.
Vous avez du mal à
faire la différence ?
Demandez conseil aux vendeurs dans les magasins de
sport plutôt que de risquer l'erreur fatale.
Une constante tout de même pour toutes les baskets : le laçage est très
important, quel qu'il soit (vrais lacets, velcros...).
Vous devez sentir que
la chaussure est bien en place et que le pied est bien enfermé.
Choisir LA paire qui vous ira est déjà tout un sport en soi.
Non seulement
faut-il tenir compte du sport, mais aussi de votre anatomie, de votre poids
et de la surface sur laquelle vous allez le pratiquer.
Ainsi, au tennis,
idéalement, vous ne porterez pas la même paire de chaussures selon que vous
jouerez sur terre battue ou sur gazon.
Attardons-nous un instant sur les chaussures de course.
Elles méritent en
effet une attention particulière car, pendant un jogging, les pieds et le
corps dans son ensemble sont pratiquement maltraités.
Il convient donc de
les entourer du mieux possible afin qu'ils ne souffrent pas.
"En courant, lorsque l'avant-pied se pose sur le sol, il supporte jusqu'à 7 fois le poids
du coureur, précise Djamel Bouhabib.
Ainsi, une personne de 50 kg fera peser 350 kg sur son avant-pied à chaque foulée."
Mauvais pour le pied mais aussi
pour l'ensemble des articulations si l'on n'opte pas pour des chaussures qui
permettent d'amortir ces coups à répétition.
"Entre 150 et 200 g", estime Djamel Bouhabib.
"On dit en général qu'elle doit être changée entre 800 km et 1200 km. A raison de 30 km par semaine, cela veut dire environ tous les deux ans."
L'été, laissez vos pieds en liberté surveillée
Ah, l'été, la saison des tongs et de sandales !
Comme le pied aime à sentir
la chaleur du soleil sur sa peau.
Se retrouver ainsi en liberté, c'est si
agréable !
Mais est-ce si bon pour la santé ?
Oui, répond le podologue
Djamel Bouhabib, même s'il convient de prendre certaines précautions.
"C'est
très bien de porter des chaussures ouvertes l'été, cela lui permet de
respirer et d'être à l'aise.
Lorsqu'on marche sur le sable, je
recommanderais même d'être pieds nus."
L'été, vos pieds aimeront marcher nus dans le sable chaud. Mais une fois sur
la terre ferme, n'oubliez pas d'alterner sandales et chaussures de ville,
sinon vous souffrirez à la rentrée.
L'ennui, c'est que les tongs et autres sandales ne sont pas du tout adaptées
à la marche ou à la forme du pied, vous vous en doutez, avec leurs semelles
toutes plates et leur absence de tenue.
Elles peuvent donc déclencher des
douleurs musculaires.
Mais, bizarrement, elles ne vont pas apparaître tout
de suite.
Elles se manifesteront plutôt à la rentrée, au moment de remettre
les chaussures de ville.
La solution pour éviter ce désagrément de la rentrée ?
"Il faut alterner et ne pas porter les mêmes chaussures tout l'été, souligne le podologue.
Un jour les claquettes, puis les sandales, en n'oubliant pas de temps en temps
des chaussures de ville, afin que le pied puisse se reposer un peu."
La santé de vos pieds en été passe également par le port de la chaussure
adaptée quand vous faites des journées de "vraie" marche.
Si vous avez
décidé de crapahuter sur l'Acropole d'Athènes, évitez les tongs : les
chaussures de marche représentent la meilleure option. Si vous faites tout
simplement beaucoup de kilomètres à pied sans que le sol soit
particulièrement accidenté, certains magasins de sport font aujourd'hui de
sandales de marche, confortables et qui maintiennent beaucoup mieux le pied
que les sandales traditionnelles. Et elles ne dépareilleront pas avec votre
petite robe turquoise ou votre bermuda d'été.
Personnes âgées : un bon chaussage est primordial
Avec l'âge, la stabilité a tendance à diminuer.
Mieux vaut donc privilégier des chaussures ou des chaussons bien fermés, y
compris à la maison.
En vieillissant, l'équilibre devient souvent plus incertain.
Le choix de la chaussure devient alors encore plus important.
"Les chutes chez les personnes âgées sont fréquentes et souvent dramatiques"
,
insiste le podologue Djamel Bouhabib.
Dans le meilleur des cas, la rééducation est
souvent longue et douloureuse.
Dans le pire des cas, une mauvaise chute peut
entraîner un décès.
Le chaussage doit donc faire l'objet d'une attention
particulière "d'autant qu'à cet âge, les pieds sont souvent déformés et
douloureux".
Il faut donc une chaussure suffisamment haute à l'avant pour que les
orteils, souvent en griffe, aient de la place.
Choisir également une chaussure assez large, pour plus de stabilité.
Toujours pour la stabilité, elle doit bien enfermer le pied, avec un bon
laçage.
Choisi des semelles d'une épaisseur entre 0,5 cm et 1 cm, pour que la
personne puisse bien sentir le sol et ses éventuelles aspérités. Pas de
talons.
Eviter les coutures au niveau de l'avant-pied, qui peuvent gêner à la
marche.
Prendre des chaussures faciles à enfiler.
Ces recommandations valent pour les chaussures mais aussi pour les chaussons
portés à l'intérieur.
Djamel Bouhabib insiste sur le fait que la meilleure
prévention conte les chutes, c'est de faire régulièrement de l'exercice :
"L'idéal est de marcher à l'extérieur tous les jours, plutôt que de se
contenter de piétiner chez soi."
Mal au dos ? Il va vous falloir éviter les talons hauts.
Votre dos, c'est votre point faible.
Vous êtes régulièrement sujet aux
lumbagos et autres désagréables douleurs musculaires qui vous clouent
parfois au lit.
Choisir la bonne chaussure peut vous aider, sinon à faire
disparaître ces douleurs, du moins à ne pas les aggraver.
Les talons sont à proscrire.
Messieurs, cela ne devrait a priori pas être
trop compliqué.
Mesdames, vous devrez vous contenter de vous grandir de 3 à
4 cm maximum.
Au-delà, les talons déséquilibrent complètement votre posture
et accentuent de surcroît la cambrure des reins.
C'est peut-être joli, mais
ce n'est pas bon pour vos vertèbres.
Evitez également les semelles semi-rigides type sabots : "Elles finissent
par provoquer des douleurs aux pieds mais aussi aux genoux et au dos"
,
souligne Djamel Bouhabib.
Vérifiez également chez un podologue que la posture de vos pieds est
correcte.
Peut-être un léger déséquilibre contribue-t-il à développer ces
douleurs dorsales.
Une simple paire d'orthèses (des semelles, quoi...) peut
alors suffire à régler votre problème.
"Mais je tiens à souligner que les problèmes de dos viennent surtout, bien
souvent, d'un surpoids. Celui-ci est d'ailleurs mauvais pour les
articulations des jambes, sur lesquelles il pèse."
Outre un bon chaussage,
avoir une activité physique régulière et manger équilibré devrait donc vous
aider à mieux vous porter.
Diabétiques, examinez vos pieds régulièrement
Le diabète est dangereux pour les pieds, même si cela ne semble pas évident
au premier abord.
Deux des principales complications du diabète ont des
conséquences directes sur la santé des pieds.
Si vous êtes diabétique, un podologue pourra vous expliquer comment choisir
une chaussure confortable et comment inspecter vos pieds pour détecter une
petite blessure à temps.
Le diabète peut provoquer une neuropathie : les nerfs des pieds ne sentent plus, ou
moins bien, la douleur.
Le diabétique peut donc se blesser, par exemple avec
des chaussures trop serrées ou qui frottent trop, ne pas le sentir et
s'abîmer ainsi le pied.
L'artériopathie engendre une moins bonne vascularisation des pieds, ils sont
moins bien irrigués.
"Le moindre bobo peut donc tourner à la catastrophe, souligne Djamel
Bouhabib. Une petite plaie peut vite s'infecter et cette infection peut se
transformer en gangrène si la personne ne s'en aperçoit pas à temps.
Quelque
13 000 amputations ont ainsi lieu chaque année en France."
Pour l'éviter, il faut pratiquer une inspection visuelle de ses pieds au
quotidien, afin de repérer tout de suite une petite blessure.
Mais il
convient également, en prévention, de choisir des chaussures appropriées.
"Cet élément est essentiel."
Ces chaussures doivent parfaitement respecter l'anatomie du pied, pour qu'il
y soit confortablement installé.
Pour cela, il faut connaître parfaitement les mesures de son pied.
Il est
bon de consulter un podologue, qui pourra vous aider à déterminer quel type
de chaussures vous convient et dans quelle pointure.
Vérifiez bien à l'intérieur qu'il n'y a aucune couture ou aucune aspérité
qui pourrait potentiellement provoquer une irritation.
Et surtout, à la moindre alerte, consultez aussitôt votre médecin traitant.
La prise en charge doit être la plus rapide possible pour éviter toute
conséquence fâcheuse.
Les tongs de l'été permettent d'éviter le frottement de l'excroissance
osseuse sur la chaussure.
Difficile à porter en hiver, ceci dit...
L'hallux valgus, c'est le nom scientifique plus distingué pour désigner le
fameux oignon du pied.
Cette excroissance osseuse au niveau de la jointure
entre le pied et le gros orteil, sur le côté intérieur du pied, est non
seulement inesthétique mais souvent douloureuse.
En effet, difficile de
trouver une chaussure qui laisse suffisamment d'espace à cet oignon : les
frottements viennent donc aggraver la situation.
Pour certains patients,
l'opération permettant de réduire cette excroissance peut être conseillée.
Pour d'autres, le simple port de chaussures adaptées peut suffire à les
soulager.
Pour bien choisir ses chaussures, il faut avoir à l'esprit que c'est le
frottement contre la chaussure qui va provoquer la douleur au fil de la
journée.
Le pied doit subir le moins de contraintes possibles.
L'idéal
semble donc d'opter pour des chaussures larges et souples.
Les escarpins sont bien sûr déconseillés : non seulement ils seront
inconfortables (voire importables selon l'évolution de l'hallux valgus) mais
ils risquent d'accentuer la déformation).
A l'inverse, les chaussures souples et sans talons sont particulièrement
indiquées.
De même, en été, les tongs constituent une excellente solution
puisque la côté intérieur du pied est presque complètement libre.
Le mieux pour choisir est de demander à votre podologue, il saura vous
donner des conseils plus précis en fonction du degré de votre hallux valgus
et de votre douleur.