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Règles d'or pour trouver "LA" bonne chaussure

Comment vous y prenez-vous au moment de choisir une paire de chaussures pour l'hiver. Allez, avouez-le, c'est tout de même le côté esthétique qui prime non ? La couleur va-t-elle s'accorder avec votre garde-robe ? Cette botte à mi-mollet convient-elle à votre silhouette ? Ces talons ne sont-ils pas trop hauts pour que vous puissiez marcher avec classe, sans que votre pantalon ait l'air d'avoir été lavé à 90° ?
Essayez de choisir vos chaussures plutôt le soir, car les pieds sont souvent plus gonflés en fin de journée.

Certes, ces considérations ne sont pas négligeables. Mais si vous voulez être à l'aise dans vos baskets (escarpins, bottes, chaussures de ville...), il va d'abord vous falloir respecter les règles d'or du chaussage.

Ce que vous risquez si vous ne suivez pas ces règles d'or...

Vous avez tout de même fini par craquer pour cette paire d'escarpins avec talons aiguille de 12 cm de haut, bien qu'elle n'ait été disponible qu'en 39 (alors que vous chaussez du 37 et demi...) ?

Jetez tout de même un œil à ce qui vous attend si vous les portez trop souvent....

Si vous choisissez mal vos chaussures, gare aux ampoules et autres ongles en griffe !

Trop grandes ou trop petites ? C'est du pareil au même : vos pieds ne vont pas aimer.
Des frottements vont se créer, dans le premier cas parce que votre pied flotte dans la chaussure, dans le second cas parce qu'il y est trop à l'étroit.
Ces frottements vont créer ampoules et durillons, forts désagréables.
D'autant qu'ils risquent de réapparaître régulièrement si vous persistez à porter ces chaussures.

Si elles sont trop grandes, vous pouvez, en prime, développer des micro-tendinites : "Le pied, qui flotte, essaie de s'agripper à la chaussure, c'est ce mouvement de crispation qui va provoquer la tendinite", précise Djamel Bouhabib.

Un talon un peu trop haut perché ? Oui c'est vrai, cela fait de jolies jambes galbées.
Oui, mais vous risquez de vous retrouver rapidement avec des ongles en griffes, ce qui est déjà moins charmant !
En créant une pression supplémentaire sur l'avant-pied, la chaussure va inciter les orteils à se recroqueviller.
Des durillons et des cors vont également se former.

Les talons hauts sont très mauvais si on a déjà mal au dos de temps en temps.
Ils font également souffrir les articulations des genoux.
Portés trop régulièrement, ils peuvent même raccourcir les muscles et les tendons du mollet, ce qui provoquera pas la suite des douleurs quand vous voudrez repasser aux souliers plats.

Sans oublier qu'il faut mieux avoir le sens de l'équilibre si l'on ne veut pas se fouler la cheville à la première sortie de métro.

Si vous souhaitez tout de même porter des talons hauts, l'idéal est d'alterner avec une autre paire de chaussures, plus basses, pour laisser à vos pieds et à vos gambettes l'occasion de se reposer.

Des chaussures trop rigides risquent de blesser le pied et de vous empêcher de marcher correctement : le pied ne pourra pas se dérouler comme il faut.
Trop souples et vous risquez de vous tordre la cheville au détour d'une rue. Aïe.

A chaque sport sa chaussure adaptée

En voilà qui vont être mises à rude épreuve.

Les chaussures de sport sont, par définition, particulièrement sollicitées.
De même que vos pieds, quand vous pratiquez une activité sportive (autre que la natation...).
Il faut donc redoubler de vigilance en les choisissant.

Choisir la chaussure adaptée est déjà un sport en soi.

Ca tombe peut-être sous le sens, mais précisons-le tout de même.
Choisissez les chaussures adaptées au sport que vous pratiquez : les chaussures de foot ne sont pas du tout les mêmes que les running shoes de votre jogging, qui sont elles aussi différentes de vos chaussures de tennis.
Vous avez du mal à faire la différence ?
Demandez conseil aux vendeurs dans les magasins de sport plutôt que de risquer l'erreur fatale.

Une constante tout de même pour toutes les baskets : le laçage est très important, quel qu'il soit (vrais lacets, velcros...).
Vous devez sentir que la chaussure est bien en place et que le pied est bien enfermé.

Choisir LA paire qui vous ira est déjà tout un sport en soi.

Non seulement faut-il tenir compte du sport, mais aussi de votre anatomie, de votre poids et de la surface sur laquelle vous allez le pratiquer.
Ainsi, au tennis, idéalement, vous ne porterez pas la même paire de chaussures selon que vous jouerez sur terre battue ou sur gazon.

Attardons-nous un instant sur les chaussures de course.

Elles méritent en effet une attention particulière car, pendant un jogging, les pieds et le corps dans son ensemble sont pratiquement maltraités.
Il convient donc de les entourer du mieux possible afin qu'ils ne souffrent pas.
"En courant, lorsque l'avant-pied se pose sur le sol, il supporte jusqu'à 7 fois le poids du coureur, précise Djamel Bouhabib.
Ainsi, une personne de 50 kg fera peser 350 kg sur son avant-pied à chaque foulée."

Mauvais pour le pied mais aussi pour l'ensemble des articulations si l'on n'opte pas pour des chaussures qui permettent d'amortir ces coups à répétition.

L'été, laissez vos pieds en liberté surveillée

Ah, l'été, la saison des tongs et de sandales !
Comme le pied aime à sentir la chaleur du soleil sur sa peau.
Se retrouver ainsi en liberté, c'est si agréable !
Mais est-ce si bon pour la santé ?
Oui, répond le podologue Djamel Bouhabib, même s'il convient de prendre certaines précautions.
"C'est très bien de porter des chaussures ouvertes l'été, cela lui permet de respirer et d'être à l'aise.
Lorsqu'on marche sur le sable, je recommanderais même d'être pieds nus."


L'été, vos pieds aimeront marcher nus dans le sable chaud. Mais une fois sur la terre ferme, n'oubliez pas d'alterner sandales et chaussures de ville, sinon vous souffrirez à la rentrée.

L'ennui, c'est que les tongs et autres sandales ne sont pas du tout adaptées à la marche ou à la forme du pied, vous vous en doutez, avec leurs semelles toutes plates et leur absence de tenue.
Elles peuvent donc déclencher des douleurs musculaires.
Mais, bizarrement, elles ne vont pas apparaître tout de suite.
Elles se manifesteront plutôt à la rentrée, au moment de remettre les chaussures de ville.

La solution pour éviter ce désagrément de la rentrée ?
"Il faut alterner et ne pas porter les mêmes chaussures tout l'été, souligne le podologue.
Un jour les claquettes, puis les sandales, en n'oubliant pas de temps en temps des chaussures de ville, afin que le pied puisse se reposer un peu."


La santé de vos pieds en été passe également par le port de la chaussure adaptée quand vous faites des journées de "vraie" marche.
Si vous avez décidé de crapahuter sur l'Acropole d'Athènes, évitez les tongs : les chaussures de marche représentent la meilleure option. Si vous faites tout simplement beaucoup de kilomètres à pied sans que le sol soit particulièrement accidenté, certains magasins de sport font aujourd'hui de sandales de marche, confortables et qui maintiennent beaucoup mieux le pied que les sandales traditionnelles. Et elles ne dépareilleront pas avec votre petite robe turquoise ou votre bermuda d'été.

Personnes âgées : un bon chaussage est primordial

Avec l'âge, la stabilité a tendance à diminuer.
Mieux vaut donc privilégier des chaussures ou des chaussons bien fermés, y compris à la maison.

En vieillissant, l'équilibre devient souvent plus incertain.
Le choix de la chaussure devient alors encore plus important.
"Les chutes chez les personnes âgées sont fréquentes et souvent dramatiques", insiste le podologue Djamel Bouhabib.

Dans le meilleur des cas, la rééducation est souvent longue et douloureuse.

Dans le pire des cas, une mauvaise chute peut entraîner un décès.
Le chaussage doit donc faire l'objet d'une attention particulière "d'autant qu'à cet âge, les pieds sont souvent déformés et douloureux".

Il faut donc une chaussure suffisamment haute à l'avant pour que les orteils, souvent en griffe, aient de la place.

Choisir également une chaussure assez large, pour plus de stabilité.

Toujours pour la stabilité, elle doit bien enfermer le pied, avec un bon laçage.

Choisi des semelles d'une épaisseur entre 0,5 cm et 1 cm, pour que la personne puisse bien sentir le sol et ses éventuelles aspérités. Pas de talons.

Eviter les coutures au niveau de l'avant-pied, qui peuvent gêner à la marche.

Prendre des chaussures faciles à enfiler.

Ces recommandations valent pour les chaussures mais aussi pour les chaussons portés à l'intérieur.
Djamel Bouhabib insiste sur le fait que la meilleure prévention conte les chutes, c'est de faire régulièrement de l'exercice : "L'idéal est de marcher à l'extérieur tous les jours, plutôt que de se contenter de piétiner chez soi."

Mal au dos ? Il va vous falloir éviter les talons hauts.

Votre dos, c'est votre point faible.
Vous êtes régulièrement sujet aux lumbagos et autres désagréables douleurs musculaires qui vous clouent parfois au lit.
Choisir la bonne chaussure peut vous aider, sinon à faire disparaître ces douleurs, du moins à ne pas les aggraver.

Les talons sont à proscrire.
Messieurs, cela ne devrait a priori pas être trop compliqué.
Mesdames, vous devrez vous contenter de vous grandir de 3 à 4 cm maximum.
Au-delà, les talons déséquilibrent complètement votre posture et accentuent de surcroît la cambrure des reins.
C'est peut-être joli, mais ce n'est pas bon pour vos vertèbres.

Evitez également les semelles semi-rigides type sabots : "Elles finissent par provoquer des douleurs aux pieds mais aussi aux genoux et au dos", souligne Djamel Bouhabib.

Vérifiez également chez un podologue que la posture de vos pieds est correcte.
Peut-être un léger déséquilibre contribue-t-il à développer ces douleurs dorsales.
Une simple paire d'orthèses (des semelles, quoi...) peut alors suffire à régler votre problème.

"Mais je tiens à souligner que les problèmes de dos viennent surtout, bien souvent, d'un surpoids. Celui-ci est d'ailleurs mauvais pour les articulations des jambes, sur lesquelles il pèse."
Outre un bon chaussage, avoir une activité physique régulière et manger équilibré devrait donc vous aider à mieux vous porter.

Diabétiques, examinez vos pieds régulièrement

Le diabète est dangereux pour les pieds, même si cela ne semble pas évident au premier abord.
Deux des principales complications du diabète ont des conséquences directes sur la santé des pieds.

Si vous êtes diabétique, un podologue pourra vous expliquer comment choisir une chaussure confortable et comment inspecter vos pieds pour détecter une petite blessure à temps.

Le diabète peut provoquer une neuropathie : les nerfs des pieds ne sentent plus, ou moins bien, la douleur.
Le diabétique peut donc se blesser, par exemple avec des chaussures trop serrées ou qui frottent trop, ne pas le sentir et s'abîmer ainsi le pied.

L'artériopathie engendre une moins bonne vascularisation des pieds, ils sont moins bien irrigués.

"Le moindre bobo peut donc tourner à la catastrophe, souligne Djamel Bouhabib. Une petite plaie peut vite s'infecter et cette infection peut se transformer en gangrène si la personne ne s'en aperçoit pas à temps.
Quelque 13 000 amputations ont ainsi lieu chaque année en France."


Pour l'éviter, il faut pratiquer une inspection visuelle de ses pieds au quotidien, afin de repérer tout de suite une petite blessure.
Mais il convient également, en prévention, de choisir des chaussures appropriées.
"Cet élément est essentiel."

Ces chaussures doivent parfaitement respecter l'anatomie du pied, pour qu'il y soit confortablement installé.

Pour cela, il faut connaître parfaitement les mesures de son pied.
Il est bon de consulter un podologue, qui pourra vous aider à déterminer quel type de chaussures vous convient et dans quelle pointure.

Vérifiez bien à l'intérieur qu'il n'y a aucune couture ou aucune aspérité qui pourrait potentiellement provoquer une irritation.

Et surtout, à la moindre alerte, consultez aussitôt votre médecin traitant.
La prise en charge doit être la plus rapide possible pour éviter toute conséquence fâcheuse.

Les tongs de l'été permettent d'éviter le frottement de l'excroissance osseuse sur la chaussure.
Difficile à porter en hiver, ceci dit...


L'hallux valgus, c'est le nom scientifique plus distingué pour désigner le fameux oignon du pied.
Cette excroissance osseuse au niveau de la jointure entre le pied et le gros orteil, sur le côté intérieur du pied, est non seulement inesthétique mais souvent douloureuse.
En effet, difficile de trouver une chaussure qui laisse suffisamment d'espace à cet oignon : les frottements viennent donc aggraver la situation.
Pour certains patients, l'opération permettant de réduire cette excroissance peut être conseillée.
Pour d'autres, le simple port de chaussures adaptées peut suffire à les soulager.

Pour bien choisir ses chaussures, il faut avoir à l'esprit que c'est le frottement contre la chaussure qui va provoquer la douleur au fil de la journée.
Le pied doit subir le moins de contraintes possibles.
L'idéal semble donc d'opter pour des chaussures larges et souples.

Les escarpins sont bien sûr déconseillés : non seulement ils seront inconfortables (voire importables selon l'évolution de l'hallux valgus) mais ils risquent d'accentuer la déformation).

A l'inverse, les chaussures souples et sans talons sont particulièrement indiquées.
De même, en été, les tongs constituent une excellente solution puisque la côté intérieur du pied est presque complètement libre.

Le mieux pour choisir est de demander à votre podologue, il saura vous donner des conseils plus précis en fonction du degré de votre hallux valgus et de votre douleur.