Diabète : Les coûts augmentent
Les différents examens de surveillance des diabétiques sont pratiqués plus souvent qu'auparavant mais toujours de façon insuffisante :
c'est ce que montre l'étude Entred, portant sur les diabétiques français et conduite en 2007.
En France, ce sont 2,5 millions de personnes qui sont traitées pour un
diabète, soit 40 % de plus qu'en 2001.
Ce phénomène s'explique par le vieillissement et l'accroissement naturel de
la population, l'augmentation de la prévalence du surpoids ou de l'obésité
et le nombre de personnes traitées pour leur diabète.
Nombreux sont les examens recommandés pour éviter les complications liées au
diabète : dosage glycémique, lipidique, de la créatinémie et de
l'albuminurie, électrocardiogramme, suivi ophtalmique, podologique et
dentaire...
Si les diabétiques ont recours en moyenne neuf fois par an à leur médecin
généraliste, seul un sur dix consulte annuellement un endocrinologue, à peu
près un sur cinq un diététicien ou un pédicure-podologue, un sur trois un
dentiste et un sur deux un ophtalmologiste.
Moins de la moitié des diabétiques de type 2 ont subi les trois dosages
annuels d'HbA1 c (le contrôle glycémique) recommandés et seulement 28 % un
dosage de l'albuminurie (pour vérifier la fonction rénale).
Réduire les coûts
Au total, seulement 2 % des diabétiques avaient bénéficié de tous les
éléments de suivi pouvant être remboursés (à l'époque de l'étude).
Ces chiffres sont pourtant plus élevés qu'en 2001, lors de la première étude
Entred.
En 2007, le diabète a coûté 12,5 milliards d'euros, soit 9 % des dépenses de
l'Assurance-maladie.
Ce coût augmente d'un milliard chaque année.
Pour les auteurs, la prévention est un axe de développement primordial.
C'est en prévenant la maladie et ses complications, en privilégiant les
génériques, ainsi que le recours aux soins à domicile (pour la dialyse) -
moins onéreux - que les coûts pourront être limités.
De graves complications
Chaque année, les diabétiques sont victimes de complications graves : cécité
(3,9 % ont perdu la vue d'un œil), "mal perforant plantaire" (ayant
conduit à 33.000 amputations), dialyse ou greffe de rein (qui ont touché
9.000 personnes), sans parler du risque cardiovasculaire très élevé pour 59
% d'entre eux.
Et le diabète contribue à 6 % du total des décès en France.
Rubrique "Santé" du Télégramme de lundi 8 février 2010.