Génériques : Une molécule active identique au médicament d'origine
Pour comprendre la naissance du médicament générique, il faut d'abord comprendre celle de son grand frère, le médicament-tout-cour.
Une fois le brevet du médicament d'origine tombé dans le domaine public, les autres laboratoires peuvent utiliser la formule
active pour fabriquer un médicament équivalent.
Lorsqu'un laboratoire pharmaceutique met au point un nouveau médicament, il
dépose un brevet, afin d'être le seul à pouvoir le produire.
Mais après un certain nombre d'années (20 ans en général pour les
médicaments), ce brevet "tombe dans le domaine public".
Cela signifie qu'il devient caduc et que les autres laboratoires peuvent
copier le médicament dans l'espoir de le lancer sur le marché.
La nouvelle version est un médicament
générique, la
version la plus ancienne devient un princeps.
Mais attention, cela n'est pas aussi facile, loin de là !
Pour être validé, le générique doit respecter de nombreuses conditions.
La molécule active, c'est-à-dire celle qui donne son efficacité au
médicament, doit être l'exacte copie de celle du médicament d'origine.
Elle doit également être présente exactement dans la même quantité.
Les excipients, eux, peuvent être différents.
Ce sont toutes les substances qui "entourent" la molécule active pour en
faire un médicament.
"Ils servent en quelque sorte de véhicule", explique Antoine Sawaya,
responsable du département d'évaluation pharmaceutique de l'Agence française
pour la sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps).
La substance active se trouve parfois en très petite quantité dans un
médicament, il est donc impossible de l'administrer seule : on y ajoute des
substances inertes, qui permettent de mettre en forme ce médicament et donc
de le véhiculer jusque sur le site d'action.
La forme gallénique doit également être la même que pour la molécule
d'origine : un médicament qui se prenait par voie orale doit toujours se
prendre par voie orale, etc.
La bioéquivalence doit être respectée : on doit retrouver la même quantité
de substance active dans le sang après prise du médicament.
Une traçabilité et une sécurité totales
Les médicaments génériques sont soumis aux mêmes contrôles que les princeps
avant d'obtenir une autorisation de mise sur le marché.
Rassurez-vous, ce n'est pas parce que les médicaments génériques sont moins
chers qu'ils sont moins sûrs ou moins efficaces.
Ils suivent exactement le même circuit de validation que les médicaments
princeps et doivent déposer une demande d'autorisation de mise sur le marché
auprès de l'Afssaps.
La seule différence, c'est que le laboratoire n'a pas besoin de faire la
preuve de l'innocuité ou de l'efficacité de la molécule active, puisqu'elle
existe depuis longtemps et a déjà été validée.
Pour obtenir l'appellation de médicament générique, le laboratoire doit
avant tout démontrer la bioéquivalence de son produit, c'est-à-dire le fait
que l'on retrouve la même quantité de médicament dans le sang qu'avec le
princeps.
En effet, l'absorption peut changer en fonction des excipients contenus.
Il est donc important de s'assurer que l'effet sur l'organisme sera
exactement le même.
Une tolérance de 20 % à 25 % est accordée.
Elle n'est pas significative pour l'efficacité du médicament, souligne
Claude Bougé, directeur général adjoint du Leem, groupement Les entreprises
du médicament.
Sinon, le générique ne pourrait pas rentrer dans le même répertoire
d'équivalences, où sont recensés le princeps et ses génériques."
Le choix de la qualité
Les excipients sont aussi passés sous la loupe avant que le nouveau
médicament puisse être commercialisé.
"S'ils avaient un quelconque effet nocif, cela se verrait pendant les études
qui précèdent sa mise sur le marché", note Antoine Sawaya.
Pour Claude Bougé, la France est particulièrement prudente avec ses
médicaments génériques : "La France a fait le choix de la qualité. Elle est
exceptionnellement rigoureuse et exigeante. Les génériques ne sont pas des
médicaments de seconde zone, ils sont aussi efficaces et aussi sûrs que les
autres."
Moins chers parce que fabriqués en Inde ?
Voilà une remarque qui revient souvent dans les conversations : si les
médicaments génériques sont moins chers, ce serait parce qu'ils sont
fabriqués en Inde.
La réponse est à la fois oui et non : oui, ils peuvent être fabriqués en
Inde.
Non, ce n'est pas pour autant qu'ils sont moins chers.
"Beaucoup de médicaments princeps sont, eux aussi, fabriqués à l'étranger"
Si leur coût est moindre, c'est parce qu'il faut moins de temps pour les
fabriquer.
Mais ils peuvent effectivement être fabriqués à l'étranger.
En Inde mais aussi dans bien d'autres pays, y compris en Europe et en
France.
Et cela n'a rien de spécifique aux médicaments génériques : c'est aussi le
cas pour les molécules princeps.
Vous êtes déjà en train de vous inquiéter des contrôles sanitaires douteux
dans des pays jugés moins rigoureux que la France en termes de mesures
sanitaires ? Pas de panique.
Les usines de production de médicaments sont évidemment très contrôlées.
"L'agence Afssaps inspecte tous les sites de fabrication situés en dehors de
l'Union européenne impliqués dans la fabrication des médicaments pour le
marché français et ceci avant d'autoriser ces médicaments, précise Antoine
Sawaya, responsable du département évaluation pharmacologie de l'Afssaps.
Elle peut aussi demander l'avis des autres autorités européennes qui ont
déjà inspecté ces sites.
Enfin l'agence contrôle dans ses propres laboratoires les médicaments,
qu'ils soient génériques ou de référence."
Antiépileptiques : une controverse infondée ?
Bien qu'ils soient aujourd'hui très présents dans le paysage médical
français, les médicaments génériques n'ont pas toujours eu bonne presse,
loin de là.
Une véritable controverse a même surgi en 2006-2007, à propos des
antiépileptiques génériques.
La réapparition de crises d'épilepsie après un passage au générique serait
due à l'effet anxiogène de la substitution et non au médicament lui-même.
Ces médicaments sont extrêmement coûteux.
Leurs versions génériques étaient très attendues et une trentaine d'entre
elles ont été lancées en 2005.
Mais assez rapidement, plusieurs médecins ont signalé que des patients qui
étaient équilibrés (c'est-à-dire qu'ils n'avaient plus de crises) avec leur
ancien traitement avaient de nouveau fait des crises lorsqu'ils avaient
commencé à prendre la version générique de ce médicament.
Un patient en serait même mort.
La Ligue française contre l'épilepsie a donc demandé que l'on ne puisse plus
substituer le traitement d'un patient équilibré.
L'Afssaps a alors mené l'enquête pendant six mois, en 2007, pour étudier les
cas signalés en France mais aussi la situation dans d'autres pays.
18 pays ont répondu au questionnaire, parmi lesquels 8 avaient pris des
mesures concernant ces antiépileptiques génériques.
Six pays (Suède et Finlande notamment) les ont tout simplement interdits,
deux (Norvège et Slovaquie) ont réduit les bornes de bioéquivalence,
c'est-à-dire le pourcentage de différence admis quant à la quantité de
substance active retrouvée dans le sang.
Au terme de l'étude, la Commission nationale de pharmacovigilance a estimé
que les données fournies ne permettaient pas d'affirmer que les cas signalés
étaient liés à un défaut de bioéquivalence des génériques par rapport aux
princeps.
Elle a donc choisi de ne pas restreindre la substitution, tout en rappelant
aux médecins qu'ils peuvent continuer de prescrire le princeps et apposer la
mention "non substituable" sur l'ordonnance.
Une décision en demi-teinte qui, finalement, laisse le mot de la fin au
médecin, ce qui semble satisfaire tout le monde.
Bioéquivalence parfaite ?
Reste que le danger potentiel d'une substitution pour les traitements très
précis comme celui de l'épilepsie n'a été ni infirmé ni confirmé.
Les neurologues spécialistes de l'épilepsie arguent que la marge de
tolérance (jusqu'à 20 % à 25 % de substance active en plus ou en moins dans
le sang) dans la bioéquivalence, si elle est sans conséquences dans la
plupart des traitements, peut s'avérer dangereuse dans le cas de traitements
ultra-précis.
En 2008, l'Afssaps a tout de même précisé, après analyse de données
complémentaires, que l'excès d'événements indésirables chez les épileptiques
serait plutôt du à l'effet anxiogène de la substitution d'un médicament par
un autre qu'au nouveau médicament lui-même.
Antoine Sawaya, de l'Afssaps, précise, sans parler en particulier des
antiépileptiques : "On a même constaté parfois des effets indésirables chez
des patients alors que le médicament était exactement le même, molécule
activée et excipient et qu'il était fabriqué au même endroit, voire sur la
même chaîne de production."
Reconnaître un médicament générique grâce à son emballage
Le nom de la molécule est suivi du nom du laboratoire qui a fabriqué le
médicament.
Vous n'êtes pas contre le fait d'utiliser un médicament générique, mais vous
voudriez au moins être au courant que c'en est un ?
Il n'y a pas plus simple : c'est écrit sur la boîte.
Voici comment mieux décoder.
La plupart du temps, le médicament n'a pas de nom à lui, comme c'est le cas
pour les princeps.
Il est directement identifié par la dénomination commune, c'est-à-dire le
nom de la substance active du médicament.
Cette dénomination commune doit être votre point de repère car elle figure
également sur la boîte du médicament original, elle vous permet donc d'être
sûr que c'est le bon médicament de substitution.
Pour se distinguer des autres génériques, vient ensuite le nom du
laboratoire qui a produit le médicament.
Quelques génériques ne suivent pas cette règle et se reconnaissent alors par
la mention "Gé" qui suit le nom de marque du médicament.
Substituable ou non substituable
Comme pour le princeps, la concentration du médicament (500 mg, 1 g, etc.)
est également indiquée.
Et sur l'ordonnance alors ?
S'il s'agit d'une ancienne ordonnance que vous renouvelez régulièrement,
votre médecin a peut-être (sûrement) inscrit le nom du médicament princeps.
Mais le pharmacien sait bien sûr à quel médicament générique il correspond
et il pourra le substituer.
Normalement, il doit vous en informer mais s'il ne le fait pas, ou si vous
avez d'autres questions, n'hésitez surtout pas : il est là pour y répondre.
Dernier détail : si le médecin estime qu'il ne faut pas vous donner un
générique à la place du médicament original, il pourra le préciser sur
l'ordonnance.
Refuser un générique ? C'est possible
A la pharmacie, vous pouvez refuser que l'on vous donne un
générique plutôt que le princeps, mais vous ne pourrez pas, alors,
bénéficier du tiers payant.
Vous êtes habitué à votre médicament et même s'il existe aujourd'hui une
version générique, vous ne souhaitez pas en changer.
Ou, tout simplement, votre préférez les gélules du princeps à celles du
générique.
Rassurez-vous : c'est possible.
Il y a plusieurs façons de refuser le médicament générique.
Si vous l'indiquez à votre médecin, il peut le spécifier au moment de
rédiger l'ordonnance.
Il apposera les lettres N.S. devant le médicament, pour indiquer qu'il est
"non substituable".
A la pharmacie, vous pouvez également refuser que le pharmacien vous donne
un générique plutôt qu'un princeps.
Il n'a pas le droit de vous imposer un générique contre votre volonté.
En revanche, vous ne devez pas oublier de poser la question car certains ont
tendance à remplacer le médicament en oubliant de le dire.
Notez toutefois que vous ne pourrez pas bénéficier du tiers payant chez le
pharmacien si vous refusez le générique en l'absence de toute mention sur
l'ordonnance.Il vous faudra alors avancer le prix du médicament, pour vous
le faire rembourser après par l'assurance maladie et/ou votre mutuelle.
Les médecins de plus en plus impliqués dans la prescription
de génériques
Jusqu'à présent, la situation était le plus souvent la suivante : le médecin
prescrivait le médicament princeps.
Au moment de vendre les médicaments, le
pharmacien pouvait alors le substituer par un générique.
A partir
de mars 2010, le médecin devra rédiger ses prescription avec la DCI et non
plus avec le nom du médicament princeps.
Mais les choses ont changé récemment.
Une loi votée en octobre 2009 (et qui
entrera en application en mars 2010) stipule que le médecin, au moment de
rédiger son ordonnance, doit prescrire un médicament par sa dénomination
commune internationale (DCI).
Il doit donc inscrire le nom de la molécule et
non plus celui du médicament.
Si toutefois il juge que le patient devrait plutôt recevoir le princeps,
pour ne pas qu'il soit perturbé dans ses habitudes par exemple, il peut
apposer les lettres NS, pour non substituable, devant le nom du princeps.
Pour Philippe Besset, du syndicat des pharmaciens, cette nouvelle obligation
est plus ennuyeuse qu'autre chose.
"Je ne pense pas qu'on devrait embêter
les médecins avec ça.
Ils ont leurs habitudes et cela fonctionne très bien
ainsi.
Le pharmacien connaît par cœur toutes les équivalences, c'est son
métier."
Contrat de performance
Mais une autre incitation, autrement plus intéressante, pousse aujourd'hui
les médecins à prescrire dans la DCI.
Quelque 12 600 médecins généralistes
viennent de signer un contrat d'amélioration des pratiques individuelles (capi)
avec l'assurance maladie.
Ils s'engagent à atteindre des objectifs fixés par
la sécu.
Parmi ces objectifs : prescrire le plus possible des molécules qui existent
en version générique.
Par exemple, il existe 4 grands types de molécules
pour lutter contre le cholestérol.
Deux d'entre elles existent en version
générique.
Le médecin devrait donc essayer de prescrire en premier ces molécules, avant
de passer à un autre médicament s'il n'obtient pas les résultats escomptés.
S'il respecte le contrat qu'il a passé avec la sécu, le médecin reçoit
chaque année une prime de 7 euros par patient dont il est le médecin
traitant.
"C'est ce qu'on a appelé le 13e mois du médecin généraliste, plaisante
Claude Bougé, du Leem.
Les capi ont eu beaucoup plus de succès que
l'Assurance maladie ou les pharmaciens ne s'y attendaient.
12 600 sur 45 000
médecins traitants, c'est énorme."
Le marché du médicament générique semble
donc avoir de beaux jours devant lui.
Quels sont les médicaments qui existent en version générique ?
Tous les médicaments peuvent aujourd'hui devenir génériques dès l'instant où
le brevet tombe dans le domaine public, soit 20 ans après qu'il a été
déposé.
"Cela survient par vagues, note Antoine Sawaya, de l'Afssaps.
Une
fois que le brevet est tombé, les laboratoires se précipitent pour être les
premiers à sortir le générique qui fera référence. Il n'y a pas de limite au
nombre de versions génériques d'un médicament princeps.
Chaque laboratoire
peut tout à fait sortir le sien."
Tous les médicaments dont
le brevet est tombé dans le domaine public peuvent être copiés. Depuis peu,
plusieurs types de pilules contraceptives sont ainsi disponibles en version
générique.
Au total, il existe aujourd'hui 700 à 800 spécialités de références qui
possèdent des versions génériques.
Parmi les plus courants, ceux qui luttent
contre le cholestérol, les troubles cardiaque ou encore, tout simplement, la
douleur.
"Le nombre de molécules pouvant être copiées explose depuis
quelques années, car tous les médicaments célèbres lancés dans les années
1980 commencent à tomber dans le domaine public, explique Philippe Besset,
pharmacien et représentant du Syndicat des pharmaciens.
Le premier générique
issu du très célèbre Plavix, un antiagrégant plaquettaire, a ainsi été
lancé il y a 6 semaines."
De même, trois molécules très prescrites ont été génériquées récemment : le valaciclovir, un antiviral, le losartan, un
antihypertenseur et la venlafaxine, un antidépresseur.
Plusieurs pilules
contraceptives sont également disponibles, aujourd'hui, en version
générique.
A noter que lorsqu'un médicament est en vente libre, on ne distingue plus le
générique du princeps.
Il en va donc ainsi pour le paracétamol ou
l'ibuprofène, deux antidouleurs très couramment utilisés.
Des prix moitié moins élevés
Tout l'intérêt du médicament générique, pour l'assurance maladie, réside
dans son prix, beaucoup moins élevé que celui du princeps.
Pour mieux
comprendre comment une telle économie est possible, retour sur la façon dont
les prix sont fixés.
Le prix de base des génériques est fixé à 45
% du prix original du médicament princeps.
Le prix des médicaments que l'assurance maladie rembourse est strictement le
même dans toutes les officines de France.
Il est fixé par le Conseil
économique des produits de santé (CEPS).
Ce qui coûte très cher dans un
médicament, c'est le fait qu'on doit rentabiliser les années de recherche
qui ont été nécessaires pour le mettre au point.
Les médicaments génériques
n'ont pas cette composante puisque la molécule existe déjà et qu'il y a donc
un coût de recherche très limité (associer les bons excipients à la
molécule).
Le CEPS fixe donc le prix des génériques à 45 % du prix du
médicament princeps", explique Claude Bougé, du Leem.
Le prix fixé par le CEPS correspond au prix industriel.
Il faut ensuite y
ajouter :
Tout cela est décidé par l'état selon des critères très précis.
Les marges
des pharmaciens sont inversement proportionnelles au prix industriel du
médicament : les moins chers d'entre eux se voient ajouter une marge de 26
%, tandis que les plus chers sont majorés de seulement 6 %.
Les pharmaciens
gagnent donc autant, voire parfois plus d'argent en vendant un générique
plutôt qu'un princeps.
En fait, il peut même être plus avantageux de vendre
un générique : "Les fabricants n'ont quasiment pas le droit de faire de
remises aux pharmaciens, explique Philippe Besset.
Elles sont limitées à 2,5
% pour les princeps.
En revanche, pour les génériques, cela peut aller
jusqu'à 17 %.
C'est donc à l'avantage du pharmacien.
Pour le client, ça ne
change rien."
Le seul perdant dans l'histoire, c'est le laboratoire qui a sorti le
médicament princeps.
En effet, son prix va chuter de 15 % dès que le
générique va sortir et de 12,5 % à 40 % dix-huit mois plus tard.
Sans
compter qu'en général, les ventes plongent.
Le marché du générique en plein boom
Dans les années 1990, les génériques n'avaient pas vraiment bonne presse et
l'Hexagone accusait un franc retard par rapport aux pays du Nord, par
exemple.
Mais depuis quelques années, on assiste à une impressionnante
accélération.
La Caisse nationale d'assurance maladie vient d'ailleurs
d'annoncer qu'elle avait économisé 1,01 milliard d'euros en 2009 grâce à la
substitution du princeps par le générique.
Et Claude Bougé, du Leem, de
préciser : "Une boîte de médicament vendue sur 4 est un générique.
De même,
un euro dépensé en médicament sur 9 provient de la vente d'un générique."
En 2009, l'assurance maladie a économisé plus d'un milliard
d'euros grâce à l'essor des médicaments génériques.
C'est que le taux de substitution (du princeps par un générique quand il
existe) a lui-même beaucoup progressé : ainsi, il est aujourd'hui en moyenne
de 82 % à 83 %, contre 65 % il y a trois ou quatre ans.
Les génériques ont tellement le vent en poupe que les laboratoires
pharmaceutiques se lancent dans le rachat de fabricants de médicaments
génériques.
"Depuis un an à dix-huit mois, la tendance se dessine : tous les
gros labos tels que Novartis, Sanofi, Pfizer rachètent des fabricants de
génériques", confirme Claude Bougé.
Pour le directeur général adjoint du Leem, "nous sommes en train d'assister
à un changement de modèle économique".
Eh oui, inventer de nouveaux
médicaments devient moins rentable.
Les frais de recherche peuvent même se
révéler difficile à amortir.
Les labos ont donc tout intérêt à se
diversifier.
Et il semble logique qu'ils s'intéressent au marché des
génériques puisqu'il enregistre une croissance annuelle de 10 % à 15 %
contre seulement 1 % à 2 % pour le marché de la recherche.
"Soyez vigilants, les génériques sont parfois plus chers"
Ils contiennent la même molécule active mais sont moins chers.
Les
médicaments génériques représentent 20 % du marché en France, contre 60 %
dans certains pays du Nord de l'Europe.
Les lecteurs ont des avis contrastés
sur la question.
Denise : "Quand ils existent, je ne prends que les génériques. Le pharmacien
les propose et je suis entièrement d'accord.
Si tout le monde jouait le jeu,
on pourrait sensiblement réduire le trou de la sécu...
Ceci s'il est vrai que les génériques sont généralement moins chers, j'ai eu
l'occasion de faire la preuve du contraire avec le spasfon 80 mg :
le phloroglucinol 80 mg (Merck) coûte 2,13 € alors que le Spasfon 80 mg
coûte 2,81 €.
Economie de 0,68 € me direz-vous ?
Eh bien, non ! En effet,
le générique ne contient que 10 comprimés alors que le Spasfon en contient
30.
Donc, pour un traitement de 10 jours à raison de 3 comprimés/jour , le
générique revient à 6,39 € contre 2,81 €.
De plus, le patient est soulagé
de 3 fois 0,50 € au lieu d'une seule fois pour l'original."
Marie : "J'utilise assez facilement des génériques habituellement mais
lorsqu'il s'agit d'un médicament aussi sérieux que les antidépresseurs, je
demande le princeps.
Marie : "Des économies sont faites, mais la recherche dans tout cela ? Les
laboratoires ne pouvant que difficilement amortir les coûts de recherche,
j'ai peur que notre pharmacopée à la pointe pour l'instant ne se détériore et
que nous soyons de plus en plus dépendants de l'étranger."
Benjamin : "Il est temps que les gens comprennent qu'un médicament est une
molécule et que la marque n'est juste qu'un nom.
La pharmacovigilance est la
même pour tous."
Liste des médicaments génériques :
Les médicaments génériques sur le site de l'Assurance maladie
Le répertoire des médicaments génériques sur le site de l'Afssaps
Article réalisé par réalisé par Mathilde REGNAULT, L'Internaute magazine du 03/02/2010