Les triglycérides... point trop n'en faut
Du régime sur mesure aux gélules à l'huile de poisson, toutes les armes pour lutter contre un excès de ces lipides.
Les lipides de l'organisme se divisent en deux grandes catégories : le
cholestérol et les triglycérides.
Appelés ainsi parce qu'ils contiennent trois acides gras, les triglycérides
sont, comme le cholestérol, soit produits par le foie, soit formés dans
l'intestin à partir des graisses apportées par l'alimentation.
Ils constituent la principale source d'énergie de notre corps.
Idéalement, leur taux doit demeurer inférieur à 1,5 g/1,
mais plus de 25 % de la population adulte en aurait bien davantage.
Quels sont les risques?
Dans environ 5 % des cas, seuls les triglycérides (pas le cholestérol) sont
augmentés et leur taux est très élevé - plus de 10 g/1.
Une telle "inondation", essentiellement d'origine génétique, risque de
provoquer une pancréatite aiguë.
Le plus souvent, les patients souffrent d'une hyperlipidémie dite "mixte"
(ou dyslipidémie), dans laquelle la hausse des triglycérides s'associe à
celle du cholestérol.
Les deux menaces se conjuguent alors pour augmenter le risque d'accident
cardiaque prématuré (infarctus, accident cérébral...).
Une méta-analyse a ainsi montré qu'une élévation de 0,88 g/1 des
triglycérides accroît le risque cardio-vasculaire de 31 % chez les hommes et
de 76 % chez les femmes.
En effet, ces graisses rendent le "mauvais" cholestérol (LDL) encore plus
agressif pour les artères et diminuent le pourcentage de "bon" cholestérol
(HDL), protecteur.
On les suspecte même de favoriser la formation d'un caillot.
Quelles sont les mesures a prendre ?
Première recommandation hygiéno-diététique : augmenter
l'activité physique et essayer de maigrir un peu.
En effet, le foie fabrique des triglycérides à partir des graisses stockées
dans le ventre.
Conclusion : plus notre petit bedon est rond, plus le foie en produit.
Une perte de poids de 5 à 10 % permet souvent d'obtenir une amélioration
significative.
Si tel n'est pas le cas, le médecin testera si vous n'êtes pas
particulièrement sensible à l'alcool (de un à trois verres par jour
suffisent alors à les faire grimper).
Si cinq jours d'abstinence ne donnent rien, c'est peut-être au sucre que
vous êtes génétiquement sensible.
Mettre un frein à la consommation de sucres simples (sucre, confiture,
confiseries, gâteaux, chocolat, glaces, sodas...) et leur préférer les
sucres complexes (féculents, céréales complètes, lentilles...) donne, dans
ce cas, des résultats spectaculaires.
Quel est le bon médicament ?
Face à un excès de triglycérides, le médecin recherche également si un
médicament (contraceptif oral, corticoïde, bêtabloquant, antirétroviral,
anti-acnéique, etc.) ou le manque d'insuline lié à un diabète mal équilibré,
voire non dépisté, n'est pas en cause.
Si les mesures hygiéno-diététiques demeurent insuffisantes, il prescrit des
médicaments en complément.
En général, il choisit des fibrates (Lipanthyl), qui réussissent, dans bon
nombre de cas, à la fois à diminuer les triglycérides et à augmenter le bon
cholestérol.
Si l'excès de cholestérol prédomine, il peut leur préférer les statines.
Depuis 2007, l'acide nicotinique (Niaspan) peut aussi les remplacer ou venir
en complément.
Enfin, des médicaments riches en acides gras oméga 3 sont également très
utilisés, notamment lorsque l'hypertriglycéridémie s'associe à d'autres
risques cardio-vasculaires.
Non remboursés (environ 30 € par mois), ces produits à base d'huile de
poisson (Maxepa ou Ysomega) apportent des doses bien supérieures à celles
que l'on peut trouver dans l'alimentation : il faudrait manger
quotidiennement 300 g de saumon pour obtenir l'équivalent en oméga 3 !
Question de chiffres
Il est conseillé de réaliser un premier dosage du cholestérol et des
triglycérides dès 20 ans, puis de le renouveler tous les cinq ans jusqu'à 50 ans
et tous les trois ans par la suite.
La prise de sang doit impérativement être réalisée le matin à jeun (il ne faut
rien avoir consommé depuis au moins douze heures).
Si les valeurs sont très anormales, le médecin peut demander l'avis d'un
spécialiste (endocrinologue, lipidologue).
LES RÉSULTATS
Article de Marie-Christin Colinon paru dans la revue "Femina" du 13 décembre
2009 en collaboration avec le Dr Jean-Michel Lecerf, lipidologue, chef du
service de nutrition, institut Pasteur, Lille.