La vitamine D, essentielle pour la prévention du cancer, des maladies cardiaques et de l’ostéoporose
Avec son "Appel des Médecins et Spécialistes de la Vitamine D", soutenu par 40 scientifiques internationaux signataires,
David Servan-Schreiber compte bien mobiliser le plus grand nombre de ses confrères médecins sur la question de la vitamine D,
substance naturelle indispensable à de nombreuses fonctions biologiques vitales et utile
dans la prévention de nombreuses maladies, en particulier du cancer.
La vitamine D est indispensable à la santé
Des données scientifiques substantielles existent désormais mettant en
évidence le rôle de la vitamine D dans la prévention du cancer.
De multiples
études ont établi de façon raisonnable qu’un taux suffisant de vitamine D
est associé, indépendamment des autres facteurs de santé, avec une incidence
plus faible de plusieurs types de cancers, dont, entre autres, les cancers
du sein, du colon, des ovaires, des lymphomes non-hodgkiniens.
Les études scientifiques montrent que le statut vitaminique pour la vitamine
D (indexé par le niveau sanguine de 25-hydroxyvitamine D) de la plupart des
personnes en Amérique du Nord et en Europe doit être grandement amélioré
pour obtenir une réduction substantielle de l’incidence et de la mortalité
par cancer.
En plus du cancer, plusieurs études épidémiologiques ont montré
qu’un statut vitaminique D plus élevé est aussi associé à un risque réduit
de plusieurs autres maladies chroniques graves, telles que les maladies
cardiaques et accidents cérébrovasculaires, l’ostéoporose, la sclérose en
plaque, et le diabète du type 1 chez l’enfant.
Plusieurs études ont aussi
observé qu’un statut vitaminique D plus élevé est associé à une incidence
plus basse et une sévérité moins grande de la grippe, de la pneumonie et de
plusieurs autres maladies infectieuses.
La plus grande partie de la population est déficitaire en vitamine D
Plusieurs études récentes ont montré qu’un taux optimal de 25-hydroxyvitamine
D devrait se situer entre 75 et 150 nmol/L (30 et 60 ng/mL).
On estime
qu’aux Etats-Unis près de 80% des personnes – de tout âge – on un statut
vitaminique D insuffisant (indexé par un taux de 25-hydroxyvitamine D dans
le sang de moins de 75 nmol/L ou 30 ng/mL).
En France, l’étude SU.VI.MAX a
démontré que plus de 70% des adultes – hommes et femmes – ont un statut
insuffisant.
S’agissant des femmes ménopausées, une grande étude européenne
estime que 79,6% ont un statut insuffisant sur l’ensemble des pays
européens.
Ce nombre s’élève à 90,4% en France.
Un statut vitaminique plus élevé peut être obtenu en augmentant les apports
nutritionnels de vitamine D, ou par une exposition appropriée au soleil
(sans augmentation significative du risque de cancer de la peau).
L’apport
adéquat de vitamine D pour une réduction du risque de cancer dépend pour
chaque individu de son âge, de la pigmentation de sa peau (claire ou
foncée), de son mode de vie et de la latitude de sa région de résidence.
Les
études scientifiques récentes indiquent qu’un apport de 1.000 à 2.000 unités
internationales (UI) par jour pourrait prévenir une proportion substantielle
de cancers et serait aussi efficace pour réduire le risque de chutes, de
fractures, de maladies cardiaques, d’accidents vasculaires cérébraux, de
sclérose en plaque et de diabète de type I dans l’enfance.
Un apport plus important encore pourrait être nécessaire pour les personnes
âgées et celles qui sont rarement à l’extérieur, celles qui évitent
l’exposition au soleil, ou celles dont la pigmentation de la peau est foncée
et qui vivent dans des pays du Nord, à cause de la diminution de la synthèse
cutanée de vitamine D par exposition au soleil.
Le choix d’une dose plus
importante peut être fait par un médecin sur la base du taux sérique de 25- hydroxyvitamine D mesuré en hiver.
Pour ceux dont le statut vitaminique est évalué par un test sanguin, le
niveau idéal de 25-hydroxyvitamine D doit être établi en consultation avec
un professionnel médical, sur la base des caractéristiques de chaque
individu.
Une recommandation générale pour les professionnels de santé qui
choisissent d’évaluer le statut vitaminique de leurs patients par une prise
de sang est de prendre comme objectif la fenêtre allant de 75 à 150 nmol/L
(30 à 60 ng/ml), en dehors de contrindications spécifiques. Les
contrindications sont rares et le plus souvent connues des médecins.
Aucune
intervention médicale n’est totalement exempte de risque, et celle-ci n’est
pas une exception.
Les patients devraient être informés dans le détail des
risques qui leur sont spécifiques.
A ce jour, la Société Canadienne du Cancer recommande un dosage spécifique
pour la supplémentation en vitamine D : 1.000 UI par jour pendant l’automne
et l’hiver pour tous les canadiens, et 1.000 UI par jour toute l’année pour
les adultes à plus haut risque de déficit en vitamine D (c.a.d, les
personnes âgées, ceux qui ne sont pas à l’extérieur souvent, ou ceux dont la
peau est de pigmentation foncée).
Les recommandations
Un soutien beaucoup plus important à la recherche scientifique sur le rôle
de la vitamine D dans la prévention du cancer et d’autres maladies graves
est nécessaire.
Toutefois, sur la base des faits déjà établis, nous recommandons que :
Pour la plupart des personnes souffrant d’un cancer, d’une maladie
cardiovasculaire, d’ostéoporose, d’une insuffisance rénale chronique, ou
d’une autre maladie associée au déficit en vitamine D, pour les personnes au
dessus de 60 ans, et pour les personnes dont la pigmentation de la peau est
foncée, qu’un test sanguin de 25-hydroxyvitamine D soit obtenu sous l’égide
de leur médecin.
Sur la base de ce test, nous recommandons une supplémentation nutritionnelle adaptée ou une exposition modérée au soleil
qui permette de maintenir un niveau sanguin toute l’année entre 75 et 150
nmol/L (30 et 60 ng/ml).
Pour la population dans son ensemble, que soit initiée de façon urgente une réflexion de santé publique menée par les autorités de santé de chaque pays sur l’importance de subvenir aux besoins en vitamine D avec une supplémentation nutritionnelle de 1.000 à 2.000 UI par jour, particulièrement pendant les mois d’automne et d’hiver.
Réponses à quelques questions fréquentes
Le déficit en vitamine D est il une cause de maladie ou simplement un
symptôme ?
Les études de population ont démontré de façon répétée qu’un statut
vitaminique D trop bas est associé avec un risque accru de plusieurs
maladies graves.
Mais cela est il du au fait qu’un statut trop bas contribue
à la maladie ou serait il possible que ces maladies abaissent le statut
vitaminique ?
Cette dernière hypothèse est peu probable parce que plusieurs
études ayant fait la preuve de cette association ont mesuré le statut
vitaminique bien avant l’apparition d’un cancer ou d’une autre maladie
grave.
De plus, plusieurs études d’intervention ont établi qu’augmenter le
statut vitaminique D à travers l’exposition délibérée aux rayons
ultra-violets de type B ou avec des suppléments nutritionnels de vitamine D
améliore la santé ou réduit le risque d’apparition de plusieurs maladies.
Cet effet d’amélioration à été décrit pour les chutes, les fractures
non-vertébrales de la personne âgée, l’hypertension artérielle, et, dans une
étude pour chaque pathologie, pour le cancer (plusieurs types différents)
chez les femmes ménopausées, ou la grippe chez des femmes avec une
pigmentation foncée de la peau.
Le fait de s’exposer au soleil sans protection n’augmente t il pas le risque
de cancer de la peau ?
L’exposition solaire sans protection pendant des périodes prolongées est
associée à un risque accru de cancers de la peau.
Principalement les cancers
de type non-mélanome, qui sont facilement traitables quand ils sont détectés
tôt.
A l’âge adulte, la quantité d’exposition solaire nécessaire à la
synthèse de la vitamine D (moins de 20 minutes par jour) n’est pas associée
à une augmentation significative de cancer de la peau et spécifiquement pas
au risque de mélanome.
Par contre, il reste important d’éviter les coups de
soleil, particulièrement chez les enfants.
Qu’en est il des études qui ne montrent pas de bénéfice de la
supplémentation en vitamine D pour réduire le risque de cancer ?
La grande étude Women’s Health Study n’a pas montré de réduction du risque
de cancer avec un apport quotidien de vitamine D.
Toutefois, la dose
utilisée dans cette étude était de 400 UI, presque un tiers de la dose qui a
amené à une réduction significative des cancers dans une étude plus récente
(1.100 UI par jour).
Qu’en est il du risque d’intoxication à la vitamine D ?
A ce jour, il est encore fréquent que les manuels de médecine mentionnent un
risque de toxicité par la vitamine D.
Toutefois, la littérature scientifique
suggère que ce risque n’existe que pour des doses absorbées très importantes
et prises sur des périodes de temps très longues (plus de 10.000 UI par jour
pendant plus de six mois).
En dehors des personnes souffrant de
granulomatose (comme la sarcoïdose ou la tuberculose), le risque est faible
(voire inexistant) avec une supplémentationn de 1.000 à 2.000 UI par jour.
Les 40 Signataires
* David Servan-Schreiber, MD, PhD – Clinical Professor of Psychiatry,
University of Pittsburgh, USA
* Annie J. Sasco, MD, DrPH, Director Group of Epidemiology for Cancer
Prevention, Inserm and Université Victor Segalen, Bordeaux, France
* Jean-Claude Souberbielle, PhD - Hopital Necker-Enfants malades et
Université Paris Descartes, France
* Barbara Boucher, MD, Queen Mary University of London, Blizard Institute of
Cell and Molecular Science, London, U.K.
* Carlos A. Camargo Jr, MD, DrPH, Associate professor in the department of
Epidemiology, Massachusetts General Hospital, Harvard Medical School,
Boston, USA
* Pr. Vincent Castronovo, M.D., Ph.D, Breast Cancer Oncologist, Chairman,
Department of Biology, Faculty of Medicine, Director, Metastasis Research
Laboratory, Head of GIGA-Cancer, University of Liege, Belgium
* Etienne Cavalier, PhD, Service de Chimie Médicale, CHU Sart Tilman, Liège,
Belgique
* Laurent Chevallier, MD, Praticien Attaché au CHU de Montpellier.
Enseignement de nutrition à l'Université. Président de la Commission
Alimentation du Réseau Environnement Santé
* Catherine Cormier, MD, Service de rhumatologie, Hôpital Cochin , Paris,
France
* Heidi Cross, MD, Professor, retired from the Department of Pathophysiology,
University of Medicine, Vienna, Austria
* Pr. Harald Dobnig, MD, Klinische Abteilung für Endokrinologie und
Nuklearmedizin, Univ.-Klinik für Innere Medizin,Medizinische Universität,
Graz, Austria
* Pr. Patrice Fardellone, chef de service de Rhumatologie, CHU d'Amiens,
France
* Pr. François Feron, Neurobiologie des Interactions Cellulaires et
Neurophysiopathologie, CNRS UMR 6184, Faculté de Médecine Nord, Université
Aix Marseille
* Pr Gérard Friedlander, Chef de service des Explorations Fonctionnelles
hôpital Européen Georges Pompidou et hôpital Necker-Enfants malades,
Paris.et centre de recherche "croissance et développement", directeur de
l'unité Inserm 845 (homéostasie du phosphate), France
* Stephen Genuis, MD, Clinical Associate Professor in the Faculty of
Medicine at the University of Alberta, Canada
* Edward Giovannucci, MD, PhD, Professor of Nutrition and Epidemiology,
Harvard Medical School, Boston, USA
* Adrian F. Gombart, PhD, Associate Professor, Department of Biochemistry
and Biophysics, Oregon State University, USA
* Edward D. Gorham, MPH, PhD, Associate Professor, Moores Cancer Center and
Dept of Family and Preventive Medicine, University of California, San Diego,
USA
* William B. Grant, PhD - Sunlight, Nutrition and Health Research Center
(SUNARC)
* Pierre S. Haddad, Ph.D. Professeur titulaire, Département de
pharmacologie, Faculté de médecine, Université de Montréal, Canada
* Robert P. Heaney, MD, John A. Creighton University Professor & Professor
of Medicine, Creighton University Medical Center, Omaha, USA
* Martin Hewison, PhD, Professor of Orthopedic Surgery, University of
California at Los Angeles, USA
* Michael F. Holick, MD, PhD - Professor of medicine, physiology and
biophysics, Boston University School of Medicine, USA
* Bruce W. Hollis, MD, Professor of Pediatrics, and Biochemsistry and
Molecular Biology, Director of Pediatric Nutritional Sciences, Medical
University of South Carolina
* Christian Jamin MD, spécialiste en médecine interne endorcinologie de la
reproduction et cancer du sein, president de l’Association Française pour
l'Après Cancer du Sein (AFACS), Paris, France
* Guillaume Jean, MD, Centre de Rein Artificiel, Service de Néphrologie
Hémodialyse, Tassin, France.
* Joan M. Lappe, PhD, Professor of Medicine, Creighton University, Omaha,
USA
* Pr Jean-Michel Lecerf, Service de Nutrition Institut Pasteur et Centre
Hospitalier Universitaire de Lille, France
* Marie France Le Goaziou, MD, Coordonnatrice du DES de médecine générale,
Université Claude Bernard LYON1, France
* Pr Ziad Massy, Division de Pharmacologie et Nephrologie, Université de
Picardie – Jules Vernes, INSERM ERI-12 et Centre Hospitalier Universitaire
d’Amiens, France
* Jean-Loup Mouysset, MD, Medical Oncologist, Polyclinique
Rambot-Provençale, Aix-en-Provence, Président de l’association Ressource
* Pr. Charles Pierrot-Deseilligny Service de Neurologie, hôpital de la
Salpêtrière, Assistance Publique Hôpitaux de Paris, France
* Stefan Pilz, MD Department of Internal Medicine, Division of Endocrinology
and Nuclear Medicine, Medical University of Graz, Austria
* Gregory A. Plotnikoff, MD, Medical Director, Center for Integrative
Medicine, Abbott Northwestern Hospital, Minneapolis, MN
* Pr. Dominique Prié, service d'Explorations Fonctionnelles Hôpital
Necker-Enfants malades Faculté de médecine Necker, Université
Paris-Descartes, France
* Simone Saez, MD, Dr Human Biology, ex Chef de Service, Centre de lutte
contre le Cancer, Lyon, France
* Vin Tangpricha MD, PhD, Associate Professor of Medicine, Emory University,
Atlanta, GA
* Jean-Paul Viard, MD, PhD, Praticien Hospitalier, Centre de Diagnostic et
de Thérapeutique Unité fonctionnelle de Thérapeutique en Immuno-infectiologie
(T2i), Hôtel-Dieu, Paris, France
* Susan J. Whiting, PhD, Professor of Nutrition, College of Pharmacy and
Nutrition, University of Saskatchewan, Canada
* Armin Zittermann, MD, Department of Cardio-thoracic Surgery, Heart Center
North Rhine-Westfalia, Rhur University Bochum, Germany
Source : David Servan-Schreiber